Le secteur financier est en train de se transformer. Jusqu’à présent, une croissance rapide dans ce secteur n’était uniquement possible qu’en réalisant des opérations de croissance externe. La pointe de la technologie et l’innovation bouleversent la donne, faisant que les pionniers qui ont des facilités d’adaptation au changement, peuvent obtenir assez rapidement une position remarquable, tout comme le démontre l’exemple du Compte Nickel dans le domaine du compte bancaire basique.

Cette tendance de fonds est reflétée dans un article de Dave Michaels pour Bloomberg. Dans celui-ci, il fait référence au fait que la U.S. Securities and Exchange Commission est en train de réviser si elle permet aux bourses de valeurs de lancer des marchés moins réglementés pour faciliter aux petites entreprises l’obtention de liquidité. Quand des organisations de ce type commencent à envisager de telles mutations, c’est que la tendance arrive à un point d’inflexion de tout le secteur financier.

« la U.S. Securities and Exchange Commission est en train de réviser si elle permet aux bourses de valeurs de lancer des marchés moins réglementés pour faciliter aux petites entreprises l’obtention de liquidité. »

En analysant plus en détail cette tendance, nous trouvons la première étude en profondeur sur la situation de la finance participative en Europe. L’University of Cambridge (Judge Cambridge Business School), est parvenue à compiler l’information nécessaire pour montrer, dans ce rapport, des données statistiques et historiques (récents) fortement révélatrices.

Ce dossier nous explique que depuis le début de la crise financière globale (il y aura 7 ans en septembre), la finance alternative ha augmenté considérablement aux États-Unis et en Europe. En particulier, il fait référence aux financements participatifs (plateformes d’Equity Crowdfunding, peer-to-peer lending, Crowdfunding de récompense, Crowdfunding de donation, etc.) qui offrent différentes manières d’investir aux investisseurs, encourageant l’innovation, générant de postes de travail et/ou finançant des causes sociales.

« depuis le début de la crise financière globale, la finance alternative ha augmenté considérablement aux États-Unis et en Europe. »

Certains chiffres qui ressortent de cette étude sur la finance participative en Europe sont:

  • une croissance en Europe de 144% en 2014 (en comparaison avec 2013).
  • un montant total des transactions réalisées en 2014 de 2 957 M€.
  • un poids spécial du Royaume-Uni avec un montant de transactions de 2.337M€ et une croissance interannuelle de 159%.
  • Les pais avec le plus grand nombre de plateformes en ligne sont par ordre décroissant : Le Royaume-Uni, l’Espagne, la France, l’Allemagne et les Pays-Bas.
  • Les pais avec le plus grand volume de transactions sont par ordre décroissant : Le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, la Suède, les Pays-Bas et l’Espagne.
  • 743 PMEs se sont financés ainsi en Europe continentale entre 2012 et 2014.

Ce volume de transaction doit être relativisé vu que, si nous le comparons avec le financement traditionnel, il ne représente encore que 0,4 pour 1000 de ce dernier, selon les données de l’EBAN (European Business Angels Network). C’est ainsi que continuent de penser les banques traditionnelles et les autorités de tutelle. Néanmoins, vu la croissance exponentielle de la finance alternative, il est permis d’espérer que les PMEs, qui sont le principal moteur de notre économie globale, peuvent ainsi obtenir le financement nécessaire afin de continuer à croître, innover et générer des emplois.

« vu la croissance exponentielle de la finance alternative, il est permis d’espérer que les PMEs, qui sont le principal moteur de notre économie globale, peuvent ainsi obtenir le financement nécessaire afin de continuer à croître, innover et générer des emplois. »

Cet espoir est très important pour l’Europe étant donnée la réduction drastique des financements traditionnels pour ce type d’entreprises, imposée aux banques du fait de la tendance actuelle à surréglementer pour tenter d’éliminer le risque de leur activité.

Pour cette raison, cette manière de créer de collaborations, plus proches et moins restrictives, attire les entreprises et les investisseurs. La finance participative parviendra-t-elle à se consolider et, dans un tel cas, la banque traditionnelle s’adaptera-t-elle à ce nouveau paradigme qui est en train d’émerger?

Guillem Comi et Carme Zamudio.